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ISBN: 291413925

Álvaro Faleiros | Dominique Martins (Poemas) | Fernando Vilela (Gravuras)
Editions du Livre à I'Unité

Pour nous le mot « transes » renvoie à des lieux: l'Amazonie, le plateau des Guyanes; à l'émerveillement: le tremblement du palétuvier, le frison de l'Angélique, la vibration de la lumière sur la ligne bleue de l'Equateur. Oui.
... Les lieux...
L'Amapa où vit Alvaro Faleiros, cet Etat du Brésil séparé de la Guyane par un fleuve layon, simple tracé au milieu des « Grands Bois », veine transparente sur l'épaule de l'immense forêt. La Guyane, pays d'adoption de Dominique Martin. Les deux poètes d'une rive à l'autre dialoguent ici en français mais une autre langue les habite, celle là, astrale, transgressive, convulsive : une Poétique.
« Transes », état de conscience surréel, la voie du Vaudou, du Winti, du Candomblé, vertige maitrisé du Chaman amérindien traçant avec les Maracas les cercles cosmiques, état d'éveil magnétique du Poète.
« Transes »
comme le préfixe
de transamazonienne,
translitération, transmutation, transfiguration.
« Transes »
nomme le voyage, la quête; la liaison, le lien; la Fraternité comme condition de Liberté.
Le même mot des deux côtés de l'Orapock, induit un sens, le même; l'identique vibration au sein d'un même éco-système, une Histoire entrelacée, Amapa-Guyane.

Álvaro Faleiros | Dominique Martin

Transes - poèmes

 

On joue l'enjeu
Fin du destin


On pousse vers
L'arbre du corps


On ouvre le thorax
Par le feu


De nos désirs
On serre la brûlure


Comme un don
La mémoire

***

Je risquai d'imaginer
Les secrets d'amande
Qu'en tes lignes
Orientent


Ainsi le corps brillait
La fable de ton cristal

***

On cachait de la scie bruyante
À crier des solitudes


On éloignait de la suie des exigences
Des gouttes d'incandescences


Couvercles les pâquerettes
La noyade
(de celles très petites au cœur topaze)


Sous l'intense rouge d’un abandon
La formule subtile des syllabes muettes


Le blanc de la feuille
Brûlante l’aile bulle
Et soupir la simple
Caresse d'une main
Qui s’éveille

Aurore

 


***

L'emboîtement dissous


Du jour dans les gouttes


Son prisme durant


Le matin qui torpeur


Aéra pulsations


De la sphère

***

La cime s'éloignait inattentive


Plongeon muet vers


L'écharde d'une vague


Reluit l'écaille calme


D’un aliment

***

 


Pouvoir tout


Chez toi


Le toucher raide des étoiles


Ton reflet maritime


L’émeraude des pupilles


L’atteindre


Ton sourire migrateur

***

Miel de guêpes
Sur des lèvres de mille-pattes


S'en vont des meurtres
À vaguer en dards


Baiser occulte
Chrysalides crues


En échardes
Vol crépu


De la rosée
Sur le cadavre

***

La lune
Éclate dans l'haleine


Au ras de l'oreiller
Peigne délicatesses


La nuit profonde
Écaille de porcelaine


Au chevet de ma prière

***

 


Un creux de lumière
Dans l'espoir
L'ombre d'un corps ébloui


La lune saute entre
Tes hanches
La chance humide d'un soir


Néant de nuit
Je traversai
À chercher cette prune


Où la lune se noya

***

Cette ombre
Ton âme
Cette ombre
Qui tombe


Tonnerres
Lointains
Du corps
Lointains


Du plâtre dormant des nuages

***

 


Galactique
Comme un serpent
Dégoûtant de poison
Éparpillant des étincelles
De méduse les yeux
Aimant des pierres
Étreinte sur les os durcis
Baiser contre la vitre
Vipère léchant la lune
Un soir de ciel sans draps

 


***

 


La nuit


À l'horizon ouvert


Donne un frisson froid d'infini

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